Manger, un acte culturel

2018-03-21T10:48:11+01:00

Les cadres culturels de l’alimentation (les rites, les compétences) sont bouleversés, influencés par la logique industrielle. La nourriture peut être encore une affaire de convivialité, de goût. L’augmentation historique des prix agricoles et alimentaires de l’année 2008 est tout à fait sensible dans la vie quotidienne des ménages. Les plus pauvres sont bien sûr les plus touchés. En France, et dans le reste du monde, la conséquence logique sera la remontée des indices de mal- ou de sous-nutrition. Pourtant, quel que soit le scandale que représente le chiffre de 850 millions d’affamés, notre époque se caractérise par l’abondance alimentaire. Un chiffre résume cette situation : le nombre de personnes en surpoids dans le monde est désormais plus du double du nombre de personnes sous-alimentées (Obésité et surpoids) Ni notre espèce, ni nos cultures ne sont adaptées à cette abondance, qui dans l’histoire ne s’est rencontrée que sur des périodes courtes ou pour des populations très réduites. Pour qu’ils puissent survivre aux périodes de pénurie, l’évolution a sélectionné des individus capables de faire des réserves en dépensant les 4 000 calories par jour nécessaires au chasseur-cueilleur comme à l’agriculteur. Génétiquement, nous sommes les mêmes primates omnivores, attirés par les graisses et les sucres, mais nous ne dépensons plus que 2 000 calories par jour ! Les hommes modernes sont donc affrontés à un problème de régulation quantitative de leur alimentation. Parallèlement, ce qui était rare et cher est devenu abondant et